ACP NUMERIQUE
L’initiative ACP Numérique a pour objet de favoriser le lancement et la réussite de projets de désenclavement numérique dans les pays de la zone Afrique – Caraïbes – Pacifique en associant les bailleurs de fonds, les donateurs et investisseurs privés, les équipementiers et les opérateurs télécoms internationaux.
En effet, les NTIC, en particulier les technologies Internet haut débit, sont des vecteurs de désenclavement et de développement économique et humain avec un effet de levier sans précédent pour de très nombreux pays en développement le plus souvent enclavés et souffrant de l’éloignement géographique en Afrique, dans les Caraïbes (Haïti, La République Dominicaine, …) et dans la zone Pacifique.
1- PRINCIPE FONDATEUR : UN PARTENARIAT PUBLIC/PRIVE POUR LE LANCEMENT DE PROJETS DE DESENCLAVEMENT NUMERIQUE DES PAYS ACP.
ACP Numérique vise à mobiliser de hautes compétences techniques, des mécènes et des ressources-dons des bailleurs de fonds pour favoriser l’émergence et le financement de projets de déploiement d’infrastructures de télécommunications actives de connectivité IP. Ces dernières seront déployées et opérées dans le cadre de projets privés associant investisseurs privés, équipementiers et opérateurs télécoms internationaux ; ACP Numérique permettra ainsi de concrétiser des partenariats publics-privés en faveur de projets de désenclavement numérique des pays ACP permettant la mobilisation effective de la puissance de l’Internet et des technologies haut débit au service du développement économique et humain.
L’élément « don » qui devra dans certains cas atteindre et dépasser 75% (niveau de taux atteints d’aide des fonds régionaux et structurels européens en faveur des projets de désenclavement numérique des territoires ultra-périphériques de l’Union Européenne) du coût des investissements physiques permettra de stimuler la connectivité IP et de réduire très significativement le coût de la bande passante et du transit IP pour un très grand nombre de pays ACP enclavés et structurellement défavorisés.
Ces subventions aux infrastructures de connectivité IP mobilisées notamment avec l’aide d’ACP Numérique susciteront l’émergence de projets privés économiquement viables dont le succès améliorera structurellement et irréversiblement l’environnement économique et les perspectives de développement des pays concernés.
Le mode d’intervention des acteurs publics d’aide sera en pratique calqué sur les modes d’intervention publics retenus dans le cadre du projet du câble sous-marin Guadeloupe Numérique, projet qui mobilise les fonds structurels européens, les fonds régionaux et la Caisse des Dépôts et Consignations. En pratique, et à l’instar du programme Guadeloupe Numérique, des plafonds seront imposés au prix public de la bande passante offerte aux opérateurs télécoms et aux fournisseurs d’accès Internet (FAI), en contrepartie des interventions accordées ; les plafonds ne devront toutefois naturellement pas remettre en cause la viabilité économique des projets ; toujours en contrepartie des subventions accordées, tous les opérateurs et fournisseurs d’accès auront accès à la bande passante de manière transparente et sur la base d’une parfaite égalité.
Dans le cas des projets similaires au projet Guadeloupe Numérique, les fonds publics pourront provenir de la Banque Mondiale (AID), de l’Union Européenne (fonds ACP) et des bailleurs de fonds bilatéraux (Agences d’aides bilatérales comme par exemple l’AFD, …).
Le rôle que joue la Caisse des Dépôts et Consignations française pour fédérer des opérateurs et des investisseurs privés pour le projet Guadeloupe Numérique, et plus généralement pour les nombreux projets de désenclavement numérique engagés par les collectivités territoriales en France métropolitaine et d’outremer, pourrait être joué par ACP Numérique en partenariat avec des outils publics comme par exemple la Société Financière Internationale (SFI), la Banque Européenne d’investissement (BEI), l’AFD/Proparco,…
Des donateurs privés et des Fondations seront associés aux projets soutenus ; leur appui et leur caution constitueront un élément déterminant de l’indépendance des projets, réduiront les aléas et seront une garantie de la bonne fin de ces projets au service des économies concernées et de leurs habitants.
2- PROJET CARAÏBES NUMERIQUE
Le premier projet concret que l’Association ACP Numérique développera pourra consister à poser les bases d’un programme de coopération régionale dans lesCaraïbes à partir du câble sous-marin Guadeloupe Numérique et son extension à la Martinique validée par le CIADT du 18 décembre 2003 ; ce câble aura aussi un point d’atterrissement à Saint-Martin partie française et sera opérationnel début 2005.
Le raccordement à ce nouveau câble des îles non-européennes de la Caraïbe géographiquement proches de Saint-Martin, de la Guadeloupe et de la Martinique (Anguilla, Antigua, Dominique, Sainte-Lucie et plus généralement l’ensemble des îles des Petites Antilles) est essentiel pour le développement économique dans cette partie de l’Amérique.
Des projets de désenclavement numérique dans les îles des Grandes Antilles (Haïti, République Dominicaine, Jamaïque et Cuba) devront également être favorisés à l’occasion de ces travaux de coopération régionale.
3- PROJET AFRIQUE NUMERIQUE
Le deuxième projet d’ACP Numérique sera le lancement d’un programme Afrique Numérique dans le prolongement du plaidoyer dressé par l’Association pour l’unification du Droit en Afrique (UNIDA) présidée par Monsieur Kéba MBAYE, suite à la conduite de son projet OHADA.com soutenue par la Commission Européenne, la Banque Mondiale (InfoDev) et le fonds Francophone des Inforoutes.
Le lancement de ce programme Afrique Numérique est une nécessité absolue pour l’Afrique où la connectivité Internet est déplorable. Un seul câble dessert aujourd’hui, dans des conditions non satisfaisantes pour la majorité des pays, l’Afrique côtière : le câble SAT 3 qui part du Portugal et qui laisse hors connexion (absence de stations d’atterrissement) les pays suivants : Mauritanie, Gambie, Guinée Bissau, Guinée, Sierra Leone, Libéria, Togo, Guinée Equatoriale, Congo, RDC. Ce câble est prolongé à partir de la ville du Cap, par le câble SAFE qui part vers l’Asie en passant par Durban, l’île de la Réunion et l’île Maurice, sans même avoir une bretelle de raccordement vers le Mozambique ou Madagascar ; la Tanzanie, le Kenya et la Somalie ne sont donc également pas raccordés par un câble fibre optique.
Il en résulte que la fracture numérique en Afrique sub-Saharienne est spectaculaire ; dans les meilleurs des cas (les quelques capitales de la côte atlantique desservies par le câble SAT-3), l’absence totale de concurrence amène la bande passante à être 25 fois plus chère qu’en Europe. Mais en réalité, pour 95% de l’Afrique, au sud du Sahara, cette bande passante est souvent au moins plus de cent fois plus chère.
En réalité l’Afrique est aujourd’hui le dernier continent au monde où l’Internet n’est pas encore un moteur massif du savoir et du développement économique et humain (voir plaidoyer de l’Association UNIDA qui a pu mesurer à partir de son expérience du site OHADA.com les freins de l’Internet comme instrument au service du développement économique et humain en Afrique).
En contribuant à donner vie au projet de câble Afrique Numérique dans le cadre d’un partenariat public/privé, les bailleurs de fonds amélioreront très significativement et structurellement les perspectives économiques de l’Afrique ; l’effet de levier de leur aide sera considérable. Certes le câble Afrique Numérique qui devra se construire en tenant compte des capacités existantes (SAT-3) ne desservira que l’Afrique côtière (économiquement déterminante), mais ce câble aura un effet d’entraînement considérable sur la couverture numérique de l’ensemble du continent.
Les premiers volets de ce projet de câble Afrique Numérique pourraient-être de connecter des pays comme la Mauritanie, la République de Guinée, la République Démocratique du Congo, Madagascar et les Comores/Mayotte au système de câble sous-marin existant SAT-3 / WASC / SAFE.
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ACP Numérique a donc vocation à regrouper des mécènes et des fondations privées, des bailleurs de fonds, des investisseurs et des professionnels des télécoms dans une approche indépendante visant à promouvoir dans le cadre de partenariats publics-privés des projets concrets de désenclavement numérique des pays ACP. |